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Le cadre de cohérence générale

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Le cadre de cohérence générale

Chapitre 2 : Le cadre de cohérence générale
Pour bien comprendre les phénomènes macroéconomiques, il est utile de se doter d’un cadre conceptuel qui assure la cohérence et la compatibilité des décisions et comportements des agents économiques. Ce cadre intervient ici de trois manières. Il fournit tout d’abord un jeu de concepts propres à décrire l’activité économique. Il retient ensuite une certaine représentation synthétique de l’économie. Il fait enfin reposer l’explication théorique sur l’étude des équilibres sectoriels et de l’interdépendance des marchés.
2.1.1      Flux et stocks
La théorie macro-économique se préoccupe généralement de savoir comment sont déterminées les grandeurs caractéristiques de la croissance et de l’évolution conjoncturelle. Ces grandeurs sont par nature des agrégats exprimés en volume ou en valeur, selon les besoins de l’analyse.
Le temps d’observation des agrégats macro-économiques va être découpé utilement en une suite de dates et de périodes élémentaires. Les dates seront repérées par l’indice t = 1,2, …, T. Par contre, et nous parlerons de la période t pour désigner celle comprise entre les dates t et t+1. Avec cette convention se trouvent définis :
des stocks, qui sont des variables mesurées à une date donnée ;
des flux, qui sont  des variables se rapportant à une période donnée.
Pour rendre un stock comparable à un flux, il suffit d’en mesurer la variation intervenue entre deux dates successives. Par exemple, l’investissement à la période t est un « flux » qui est relié au « stock » de capital comme suit :
It = ΔKt = Kt – Kt-1.
2.1.2      Agents, opérations et actifs
Comme en comptabilité nationale, les agents économiques sont regroupés ici selon leur fonction principale. Les catégories pertinentes à notre analyse sont :
Les  Entreprises,  qui  sont  des  entités  produisant  des  biens  et  des  services  en combinant essentiellement les facteurs capital et travail ;
Les Ménages, qui se caractérisent par leur demande de biens de consommation finale et leur offre de travail ;
Les  Administrations  publiques,  qui  effectuent  d’autorité  des  prélèvements  et  des transferts de revenus ;
Les Institutions de crédit, qui assurent le financement des agents économiques;
Le Reste du monde, qui regroupe tous les agents économiques non-résidents dans le pays.
En comptabilité nationale,  les opérations économiques se classent généralement en trois catégories essentielles :
–              Les opérations sur biens et services : elles retracent l’origine et la destination des biens et services en circulation dans une économie. L’origine des biens et services est double : production intérieure et importations. La destination des biens et services est triple : consommation (finale ou intermédiaire), accumulation (en biens durables et non durables) et  exportations.
–              Les opérations de répartition : elles se réfèrent à la distribution des  revenus primaires et à la redistribution des revenus secondaires.
–              Les opérations financières : elles concernent les modifications intervenues dans les créances et dettes des agents économiques.
La valeur du patrimoine influe sur les décisions et comportements des agents économiques. Ce patrimoine peut comporter comme actifs : des biens, des droits et des créances. Nous raisonnerons le plus souvent avec une seule catégorie de biens patrimoniaux : le capital reproductible. Les  créances seront  réparties entre  celles qui constituent « la monnaie », c’est-à-dire les moyens de paiement, et celles qui rapportent intérêt et que nous appelons « titres de créances ». Droits sur autrui, les créances ont évidemment pour contrepartie des dettes. Il existe d’autres droits que les créances; ce sont des droits ou titres de propriété. Ils portent essentiellement sur les entreprises.
2.1.3      Prix et taux d’intérêt
Dans une économie de troc, n’importe quel bien peut servir de numéraire. Avec n biens, on aurait alors (n–1)(n/2) termes de l’échange ou prix relatifs. L’introduction de la monnaie comme numéraire dans l’analyse transforme tous les prix en prix monétaires.
Nous désignerons par P l’indice synthétique du niveau général des prix, qui est susceptible de varier d’une période à l’autre en fonction de la quantité de monnaie en circulation dans l’économie. Comme indiqué plus haut, l’inflation (π) est la mesure en pourcentage de la hausse du niveau général des prix, au cours d’une période donnée :
(2.1)      π1 = (P1 – P0)/P0            (Ce qui implique P1/P0 = 1 + π1).
La présence de la monnaie introduit par ailleurs une distinction importante entre les variables nominales et les variables réelles. Par exemple, le montant PQ désigne le «produit ou revenu nominal » tandis que la variable Q seule se réfère au « produit ou revenu réel ».
Une autre distinction non moins importante est celle entre le taux d’intérêt réel (r) et le taux d’intérêt nominal (i). Le premier est le rendement de l’épargne calculé en termes de biens ; le deuxième est le rendement de l’épargne calculé en termes de monnaie. Pour illustrer cette dernière distinction, admettons qu’un ménage s’abstienne de consommer une unité de son produit – disons la chèvre – qui vaut aujourd’hui sur le marché P1 unités monétaires. S’il utilisait ce montant pour acquérir par exemple des bons du Trésor, il aurait un revenu de placement de P1 (1 + i). Ceci représente le rendement nominal de son épargne. A la période suivante, sachant que le prix de la chèvre est de P2, il a le loisir de convertir le produit de son placement financier exactement en [P1 (1 + i)/P2] unités du bien initial. Il s’agit là du rendement réel de son épargne. De ce qui précède, nous déduisons la relation suivante :
(2.2        1 +r) = P1(1 + i)/P2.
Sachant que P1/P2 = 1/ (1 + π2) en vertu de (2.1), nous pouvons réécrire la relation (2.2) comme suit :
(2.3)             1 + r) = (1 + i)/(1 + π2)
ou encore :  (1 + r) (1 +π2) = (1 + i)
1 + r+ π2 + rπ2 = 1 + i.
Si nous supposons que le terme (r.π2 ) est assez négligeable dans l’expression (1 + r + π2 + r.π2 = 1 + i), il s’ensuit que le taux d’intérêt réel et le taux d’intérêt nominal sont reliés comme suit :
r = i – π2            ce qui implique        i = r + π2.
La relation (2.4) stipule simplement que le taux d‘intérêt réel (r) est égal au taux d’intérêt nominal (i) corrigé du taux d’inflation (π).
Il est évident que les deux taux d’intérêt sont identiques lorsque le taux d’inflation est nul. Pour exprimer le taux d’intérêt réel courant, nous avons utilisé le taux d’inflation π2 de la période suivante dans l’expression (2.4). Cela est logique parce que le rendement nominal de l’épargne, constituée à la période 1, ne sera effectif qu’au cours de la période

  1. Il sied cependant de noter que, comme le taux d’inflation π2 n’est pas observable à la période 1, on recourt souvent, dans les calculs, au taux d’inflation anticipé (πe).

2.1.4      Taux de change et arbitrage international des taux d’intérêt
Le taux de change nominal (E) définit le prix d’une monnaie donnée en termes d’unités d’une autre monnaie. Deux systèmes sont généralement utilisés : celui de la cotation à l’incertain et celui de la cotation au certain. Le cours coté « à l’incertain » indique la quantité variable de monnaie nationale qu’il faut donner pour obtenir une unité de monnaie étrangère (par exemple 1 USD = 400 CDF). Le cours qui donne « le certain » indique la quantité variable d’unités monétaires étrangères qui est échangée contre une unité de monnaie nationale (par exemple 1 CDF = 0,0025 USD).
Si l’on cote sur une place à l’incertain, la hausse du cours de change est le signe de faiblesse de la monnaie nationale : il faut par exemple plus de francs pour un dollar aujourd’hui qu’avant la dépréciation monétaire. Si l’on cote au certain, à l’inverse, la hausse des cours est l’expression d’une fermeté accrue de la monnaie nationale.
On distingue par ailleurs deux régimes de change : celui des taux de change fixes et celui des taux de change flexibles ou flottants. Dans le régime des taux de change fixes, le pays concerné définit la parité officielle de sa monnaie en termes d’une devise forte, ou de « droits de tirage spéciaux » (DTS), ou encore d’un panier d’autres monnaies. Ce régime était d’application générale jusqu’au 15 août 1971, date de l’effondrement du système monétaire international instauré à Bretton Woods. Le régime des taux de change fixes comporte toutefois l’obligation de contenir les fluctuations éventuelles du taux de change officiel dans un intervalle défini. La Banque centrale se doit donc d’intervenir sur les marchés des changes pour influer sur le cours de la monnaie nationale par des opérations d’achat ou de vente de celle-ci contre les devises étrangères. Dans le régime des taux de change flexibles, la valeur externe de la monnaie nationale est déterminée librement par les forces du marché. Il arrive cependant que les autorités monétaires interviennent sur les marchés des changes pour orienter les cours. On parle alors d’un « flottement administré » ou « impur ».
Le taux de change peut subir des modifications à la hausse comme à la baisse. Considérons la cotation à l’incertain. Dans ce cas, en régime des taux de change fixes, l’on parlera d’une dévaluation lorsque le taux de change augmente, ou d’une réévaluation lorsqu’il baisse. En régime des taux de change flottants, l’augmentation du taux de change s’interprétera comme une dépréciation, et sa diminution comme une appréciation.
Si un bien fait l’objet d’échange entre deux pays, il se vendra au même prix sur les deux marchés. Il s’agit d’une application de la « loi du prix unique ». Car, si le bien en question s’échangeait à deux prix différents entre deux places, certains agents économiques pourraient en tirer profit en allant l’acquérir là où il coûte moins cher, et en venant le revendre là où il coûte plus cher. Ce processus pourra se poursuivre jusqu’à ce que le différentiel des prix disparaisse totalement. Ce mécanisme d’égalisation des prix entre deux places s’appelle « arbitrage ».
La loi du prix unique entre deux pays exige cependant que les prix soient exprimés en une même monnaie. Formellement, il suffit de convertir les prix étrangers P* en prix nationaux P en passant par le taux de change E comme suit :
P = EP*.
Cette théorie de la parité absolue des pouvoirs d’achat est couramment attribuée à l’économiste suédois Gustav Cassel. Dans la réalité, la relation (2.5) ne se vérifie pas à cause de l’existence notamment des barrières naturelles au commerce entre deux pays (coûts de transport et d’assurance) ; des barrières artificielles (droits d’entrée ou tarifs, restrictions quantitatives ou « quotas ») ; des différences dans la définition et la composition des paniers de biens servant à l’élaboration des indices des prix absolus, etc. C’est pourquoi, on préfère substituer à la théorie de la parité absolue des pouvoirs d’achat, des versions de la parité relative des pouvoirs d’achat, dont nous retenons ici la formulation suivante :
(2.6)      (P1 – P0)/P0 = (E1 – E0)/E0 + (P*1 – P*0)/P*0.
Pour apprécier la compétitivité extérieure d’un pays, on se sert souvent du concept de taux de change réel (e), qui est le rapport entre un indice des prix étrangers converti en monnaie nationale (EP*) et de l’indice des prix intérieurs (P) :
(2.7)      e = EP*/P.
A titre d’illustration, considérons qu’une voiture coûte $ 10.000 aux États-Unis, et qu’elle vaut Y 2.400.000 au Japon. La comparaison des prix de ces deux voitures exige qu’ils soient exprimés dans une même monnaie. Admettons, suivant la cotation au certain, que le taux de change est de 1 $ = 120 ¥. Ce qui implique que 1 ¥ = 0,008 $. Dans ce cas, la voiture japonaise vaut $ 20.000. Autrement dit, 2 voitures américaines s’échangent contre 1 voiture japonaise. Soit e = (0,08 $)(2.400.00 ¥)/(10.000 $) = 2.
Lorsque le taux de change réel s’accroît, les produits étrangers coûtent plus cher que les produits nationaux ; on parle alors d’une dépréciation du taux de change réel. Dans le cas contraire, il s’agit d’une appréciation.
En économie ouverte, les agents économiques peuvent détenir dans leur patrimoine des actifs financiers nationaux et étrangers. Leur choix dépend, entre autres, des rendements comparés des titres en présence. Pour ce faire, admettons qu’une unité de monnaie nationale, placée sur le marché intérieur au taux d’intérêt i, procure à l’agent économique le montant (1 + i) à l’échéance. La même somme, convertie en monnaie étrangère et placée au taux d’intérêt i*, va lui procurer à l’échéance le montant (1 + i*)/E1. Afin de rendre comparables ces deux sommes, il convient de reconvertir le produit du placement à l’étranger au taux de change E2. Dans ce cas, l’agent économique serait indifférent entre investir sur le marché national et le marché étranger si la relation (2.8) se vérifie :
(2.8)        (1 + i) = (E2/E1)(1 + i*).
On note que le terme de droite en (2.8) peut aussi s’écrire comme suit : (2.9) (E2/E1)(1 + i*) = 1 + i* + (E2 – E1)/E1 + i*[(E2 – E1)/E1].
Nous  supposons  que  le  produit    i*[(E2  –  E1)/E1]  est  insignifiant  dans  l’équation précédente. D’où, en combinant les expressions (2.8) et (2.9), on obtient une relation importante :
i = i* + (E2 – E1)/E1
qui stipule que le taux d’intérêt national est égal au taux d’intérêt étranger majoré du taux de dépréciation éventuelle de la monnaie nationale. Cette équation définit l’arbitrage international des taux d’intérêt.
2.2          Le circuit économique
2.2.1      Les flux économiques
L’économie d’un pays peut être représentée sous la forme d’un circuit économique décrivant les interactions entre les différents groupes d’agents économiques (ou secteurs institutionnels). Afin de mettre l’accent sur les caractéristiques essentielles, nous retenons ici une représentation simplifiée comprenant quatre secteurs institutionnels : les ménages, les entreprises, les administrations publiques et le reste du monde. Quatre marchés spécifiques leur servent de lieux d’interaction. Il s’agit de :
–              marché des facteurs de production
–              marché des produits (biens et services)
–              marché des changes
–              marché des fonds prêtables.
Les entreprises produisent les biens et services marchands en employant les facteurs de production fournis par les ménages et des intrants fournis par d’autres entreprises. Ces produits sont vendus sur le marché des biens et services. La valeur de leur produit (nette du coût des intrants), ou PIB au prix du marché, est répartie entre les administrations (sous forme d’impôts liés à la production, IP), et les ménages (sous forme de rémunérations des salariés, RS). Le solde constitue l’excédent brut d’exploitation (EBE), dont on suppose à titre de simplification qu’il est versé aux ménages, propriétaires du capital.
Les ménages détiennent les facteurs de production, fournissent aux entreprises les services de ces facteurs et reçoivent en contrepartie une rémunération (RS et EBE).
Les administrations publiques, qui produisent principalement des services non marchands, perçoivent les impôts sur la production (TI) et sur le revenu et le patrimoine (TD). Elles effectuent des transferts aux ménages et achètent des biens et services produits par les entreprises (Cg + Ig).
Le reste du monde est un compte qui retrace les opérations entre unités résidentes et unités non résidentes, à savoir un flux monétaire en contrepartie des importations de biens et services non facteurs (Z) effectuées par les secteurs résidents, et un paiement en contrepartie des exportations de biens et services non facteurs (X) effectués par les secteurs résidents.

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