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Le financement de l'entreprise

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Financement de l’entreprise 

CHAPITRE V : le financement de l’entreprise

  1. LES DIFFÉRENTS SOURCES DE FINANCEMENT :

I/ Le marché des capitaux :

Le marché des capitaux est divisé en marché monétaire et marché financier.

  • Le marché monétaire :

C’est le lieu où l’on peut se procurer des capitaux à court terme (moins de 2 ans) et à moyen terme (2 à 7 ans).
Il peut être divisé en :
– Marché interbancaire : ( les banques, la poste, le Trésor public )
L’Etat intervient sur ce marché interbancaire à travers la Banque de France qui contrôle les taux d’intérêt et à travers le Trésor qui intervient en tant qu’emprunteur en émettant des bons du Trésor, non négociables, à taux variables d’une durée de 2 ans.
– Marché des créances négociables :
Les établissements financiers empruntent de l’argent sur le marché des créances négociables en émettant et achetant des certificats de dépôt, des billets de Trésorerie, et des bons du Trésor négociables. Ces titres vont de 10 jours à 7 ans.

  • Le marché financier :

C’est le lieu où l’on procure des ressources à long terme en émettant des actions et des obligations. Il est divisé en :
– Marché primaire :
L’Etat, les collectivités publiques et les entreprises peuvent émettre des actions ou des obligations. Ces titres sont placés auprès du public par les banques, la Poste ou des sociétés de bourse à un prix par l’émetteur.
– Marché secondaire :
Les titres émis sur le marché primaire peuvent ensuite s’échanger sur le marché secondaire localisé.
LE MATIF :
Il consiste à mettre à face deux personnes qui ont des anticipations contraires sur l’évolution du marché et qui se mettent d’accord pour échanger un actif financier à une date et à un prix convenu selon le mécanisme du marché à règlement mensuel (le vendeur spécule à la baisse et l’acheteur à la hausse ).
L’objectif peut être purement spéculatif. Le contrat peut également être conclu pour se couvrir contre une évolution défavorable du marché. Dans tous les cas, il n’y a pas possibilité de report.
Le MATIF englobe de nombreux contrats :
– les contrats à terme de devises
– les contrats à terme d’indice boursier
– les contrats à terme de taux d’intérêt ( à long terme, moyen terme et court terme )
Le MONEP :
est exclusivement un marché d’option sur les achats et ventes d’actions. Les options seront étudiées plus loin. Il peut y avoir option d’achat ( CALL ) ou option de vente ( PUT ).
Sur ce marché, il est donc possible d’acheter une option d’achat ( CALL ) . Contre le versement d’une certaine somme, cette option donne le droit (mais non l’obligation) d’acheter un portefeuille d’action à un prix fixé à l’avance. Le jour de l’échéance, si le prix du marché du portefeuille est plus élevé que le prix fixé, l’acheteur de l’option exerce cette option. Il achète donc à bas  prix  au  vendeur  de  l’option, revend  dur le marché au prix du marché et encaisse  la différence. Si, au contraire, le prix du marché est inférieur au prix fixé, il renonce à son option. Au pire, il perd donc le prix de l’option. Au mieux, ses gains sont infinis avec la hausse des cours. Le vendeur de l’option par contre encaisse au mieux le prix de l’option et peut subir des pertes illimitées avec la hausse des courts.
Il est également possible d’acheter une option de vente ( PUT ).
L’option de vente donne le droit d’obliger le vendeur de l’option à acheter au propriétaire de l’option un portefeuille de titres à un prix fixé à l’avance. Le jour de l’échéance, si les cours ont augmenté, il renonce à son option. Au pire, il perd donc le prix de l’option. Au mieux, ses gains sont infinis avec la baisse des cours. Le vendeur de l’option par contre gagne au mieux le prix de l’option et peut subir des pertes illimitées avec la baisse des cours.
Le MONEP est réglementé et les options doivent porter sur des portefeuilles de 100 actions par contrat.
Notions que dans la pratique les options ne sont généralement pas exercées et se règlent par un dénouement en sens inverse comme il apparaît dans l’exemple.
Ex : une entreprise achète une option d’achat ( CALL ) sur une action X au prix préfixé de 200F par action. Le prix de l’option est de 10F par action. Le jour de l’échéance, le cours de l’action est de 225 F.
L’acheteur de l’option pourrait exercer son droit, acheter au vendeur de l’option à 200 F et revendre sur le marché à 225 F. Il encaisserait donc 25 F et son gain net serait de 25 F moins le prix de l’option, soit : gain net = 25 –10 = 15 F/ Plutôt que d’exercer son droit à l’option, il peut toutefois revendre pour un prix de 25 F (il trouvera un acheteur puisque l’action vaut sur le marché 225 F ). Son gain sera alors de 25 F moins le prix de l’option, soit : gain net = 25 – 10 = 15 F.

II/ LE FINANCEMENT DE L’ENTREPRISE
  1. La variété des besoins de financement :

Les besoins de financement découlent de décalages entre l’engagement des dépenses et la perception ultérieure des recettes.
Le financement est nécessaire pour les investissements qui exigent des capitaux durablement à la disposition de l’entreprise.
L’entreprise doit également financer son cycle d’exploitation, les coûts d’approvisionnement, de fabrication, de distribution étant supportés avant tout encaissement de recettes provrenant des ventes.
Cycle d’exploitation = cycle d’approvisionnement  + cycle de fabrication + cycle de distribution
En conclusion, une entreprise a deux sortes de besoins de financement : ceux liés à ses investissements d’une part, et ceux liés à son exploitation d’autre part.

  1. Les besoins de financement des investissements :

L’entreprise doit investir à sa création mais aussi chaque année pour assurer sa survie et son développement.

  1. a) Les investissements matériels :

Les investissements matériels consistent en l’acquisition de terrains, de            locaux, d’équipements et d’installations, toujours inscrits à l’actif du bilan.
Ils répondent  à des objectifs variés :
– création d’une capacité de production compte tenu de la demande prévue lors de la constitution de l’entreprise.
– maintien de la capacité, par le renouvellement des immobilisations au terme de leur durée de vie : ce sont les investissements de remplacement.
– Accroissement de la capacité pour assurer le développement : ce sont des investissements de capacité.
– Orientation vers de nouvelles activités, sous forme de produits ou de procédés nouveaux : ce sont des investissements de modernisation.
– Réalisation de gains de productivité afin de réduire les coûts, accroître les marges et améliorer la compétitivité : ce sont des investissements de productivité.
Aux investissements matériels précédents, guidés par des considérations de production et de productivité, s’ajoutent d’autres investissements :
– les  investissements réglementaires sont imposés par la législation, par exemple les équipements de sécurité ou les dispositifs de lutte contre les rejets polluants.
– les investissements sociaux sont destinés à améliorer les conditions de vie et de travail du personnel,  ils  conditionnent  le  climat  social  de  l’entreprise  et  participent  de  façon  non mesurable à sa performance.
– Les investissements  de  prestige  visent  à  créer  ou  à  développer  l’image  de  marque  de l’entreprise.

  1. b) Les investissements incorporels :

Les investissements incorporels ne figurent généralement pas au bilan. Leurs objectifs sont l’innovation, l’acquisition de connaissances et de compétence, et l’adaptation.
Recherche, formation, mercatique et logiciels sont les quatre domaines principaux des investissements incorporels. Ils sont complémentaires des investissements matériels qu’ils précèdent , accompagnent ou suivent.
Ainsi les investissements de recherche précèdent les investissements matériels lorsqu’ils aboutissent à améliorer, adapter ou imaginer des procédés et matériels nouveaux.
Les investissements en formation accompagnent les investissements matériels dont ils permettent l’usage efficace par l’adaptation des qualifications des utilisateurs.
Les investissements en logiciels se poursuivent au-delà de l’acquisition des matériels informatiques et les investissements dans l’action commerciale se poursuivent après la mise en fabrication du produit.

  1. c) Les investissements financiers :

Les investissements financiers  permettent :
– d’élargir la compétence de l’entreprise à d’autres domaines d’activités
– de contrôler des sources d’approvisionnement, des débouchés et des technologies
– de s’implanter dans les activités nouvelles en vue de réaliser des diversifications
– d’obtenir  des  effets  de  synergie  en  tenant  compte  des  complémentarités  entre  diverses sociétés.
La synergie des investissements s’exprime par le fait que la valeur des actifs regroupés (A et B) est supérieure à la somme de leurs valeurs séparées :
V ( A + B ) > V ( A ) + V ( B )
Les investissements financiers tendent à se développer dans les grandes entreprises. Dans une étape ultérieure la société mère abandonne à des filiales toutes ses activités d’exploitation et devient une société de portefeuille ou holding pure.
La réalisation des investissements est un moyen essentiel d’application de la stratégie de survie et de développement de l’entreprise.

  1. Les besoins de financement de l’exploitation :

Le déroulement du cycle d’exploitation entraîne également des besoins de financement.

  1. a) Les capitaux nécessaires à l’exploitation :

Pour évaluer les capitaux nécessaires à l’exploitation, il faut distinguer deux grandes rubriques au sein de l’actif circulant :
Les actifs de trésorerie (valeurs mobilières de placement, disponibilités ).  Ces  actifs peuvent en cas de nécessité être cédés sans délai, ils n’exigent dons pas un financement durable.
Les actifs d’exploitation sont nécessaires en permanence dans l’entreprise pour assurer le déroulement continu et régulier du cycle d’exploitation : ce sont les stocks et les créances sur les clients.
L’exploitation nécessite donc un financement permanent. Ils correspondent à tous les coûts de production supportés aux diverses phases du cycle d’exploitation :
– durée du cycle de fabrication au cours duquel les frais d’achat et de fabrication sont payés
– durée de stockage des produits finis
– durée du crédit accordé à la clientèle.
Actifs d’exploitation  =   besoins de financement permanent

  1. b) Les capitaux fournis par l’exploitation :

Le passif du bilan permet de distinguer trois catégories de capitaux :
Les ressources stables, qui ne sont pas liées à l’exploitation, notamment les capitaux propres et les emprunts auprès des établissements de crédit.
Les dettes d’exploitation constitués par les dettes se renouvelant continuellement et automatiquement du fait du déroulement du cycle d’exploitation; ce sont principalement les crédits accordés par les fournisseurs
Les dettes de trésoreries formées de ressources temporaires instables, ce sont notamment les découverts bancaires
Dettes d’exploitation = ressources de financement stables

  1. c) Le besoin de financement de l’exploitation ( B.F.E.) :

L’entreprise doit financier avec des ressources non liées à son exploitation, la différence entre les actifs d’exploitation et les dettes d’exploitation
B.F.E.    =             Actifs d’exploitation       –              Dettes d’exploitation
 
Cette différence est le besoin de financement en fonds de roulement
B.F.E.    =             Stocks   +             Créances clients  +          Dettes fournisseurs
Le besoin de financement de l’exploitation a le caractère d’un investissement : c’est un emploi durable de capitaux dans le cycle d’exploitation.
L’entreprise doit  financier avec des  ressources stables ses  immobilisations  et  son besoin de financement de l’exploitation.

  1. Les sources de financement des investissements :

L’entreprise a des besoins de financement permanents, pour assurer le financement de ses investissements et de son exploitation.
Les  ressources  stables  dont  elle  dispose  sont  celles  qui  restent  durablement  à  sa disposition
Origine des fonds           Emplois de fonds
Ressources stables         >=          Immobilisations + B.F.E.
Durée de disponibilité du financement                >=          Durée de vie de l’investissement
Les ressources stables comprennent les capitaux propres ( capital social et réserves ) et les dettes financières à plus d’un an ( dettes à moyen terme, dettes à long terme et redevances de crédit-bail ).

  1. a) Le capital social :

Le capital social est constitué à la création de la société et lors des augmentations de capital. Il est représenté par les parts sociales (dans les sociétés de personnes) ou les actions (dans les sociétés anonymes).
Le capital social joue un double rôle : d’une part il forme une ressource stable permettant de financier les investissements; d’autre part il constitue une garantie pour les prêteurs car ils ne peut être remboursé, sauf en cas de dissolution de la société après remboursement de toutes les dettes.
Le capital social est rémunéré par les dividendes, variables en fonction des bénéfices réalisés et  de la politique adoptée par l’entreprise quant à l’autofinancement qu’elle souhaite constituer.

  1. b) L’autofinancement :

Lors de son fonctionnement l’entreprise encaisse des produits ( produits d’exploitation, financiers et exceptionnels ) en contrepartie desquels elle doit payer des charges ( charges d’exploitation, financières et exceptionnelles )
La  différence  entre  les  produits  encaissables  et  les  charges  décaissables  constitue  la
capacité d’autofinancement ( C.A.F.)
La C.A.F. constitue une mesure du potentiel de financement interne de l’entreprise.
Autofinancement           =             CAF        –              dividendes
L’autofinancement est donc un financement interne dégagé par l’ entreprise et librement utilisable pour : financier les investissements, rembourser des emprunts, améliorer la trésorerie. Il  apparaît  comme  un surplus  monétaire que  l’entreprise  peut  librement  affecter.  Ce  surplus monétaire a deux origines :
– les bénéfices non distribués qui constituent l’autofinancement net; ils permettent d’accroître les fonds propres par la constitution de réserves.
– les  dotations  aux  amortissements  et  aux  provisions
L’autofinancement constitue une ressource stable non remboursable avantageuse car :
– son coût de collecte est nul
– il se renouvelle annuellement
– il évite de recourir au marché financier
– il accroît les capitaux propres
– il augmente la capacité d’emprunt de l’entreprise
L’autofinancement ne doit être la seule base de financement de l’entreprise car il risque d’être insuffisant par rapport aux investissements nécessaires et il peut entraîner le mécontentement des associés ou des salariés.

  1. c) Les emprunts :

L’emprunt  est  une  opération  juridique  et  financière  par  laquelle  un  prêteur  met  à  la disposition de l’emprunteur des capitaux en contrepartie  :
– du versement d’un intérêt périodique calculé sur le capital restant dû.
– du remboursement du capital prêté par fractions successives ou en totalité à la fin de l’emprunt
L’emprunt se caractérise par : le montant, la durée, le taux d’intérêt, le nombre des prêteurs et le mode de remboursement.

  • L’emprunt obligatoire :

L’emprunt obligatoire est fractionné en obligations souscrites par des prêteurs multiples.
Le  tableau  d’amortissement de  l’emprunt  donne,  pour  chaque année la  répartition  de l’annuité entre le paiement des intérêts et le remboursement du capital. Le remboursement peut s’effectuer par annuités ou en une seule fois au terme de l’emprunt.

  • L’emprunt obligatoire Avantages :

– Financement important
– remboursements étalés dans le temps
– capitaux disponibles pour une langue déductibles
– Intérêts fiscalement déductibles
Inconvénients :
– Importantes formalités juridiques
– Délais de réalisation
– Frais d’émission élevés (commissions bancaires)

  • Les prêts des établissements de crédit :

Les crédits à moyen terme sont accordés par les banques, et les prêts à long terme par des organismes financiers spécialisés.

  • Le crédit-bail :

Le crédit-bail est un procédé d’investissement et de financement. Une société spécialisée de crédit-bail mobilier ou immobilier achète un bien d’équipement professionnel ou un immeuble, qu’elle lui loue pour une période au terme de laquelle le locataire peut opter entre :
– la restitution du bien au bailleur
– le renouvellement de la location
– l’achat à une valeur de rachat prédéterminée dans le contrat.
Le contrat de crédit-bail s’analyse donc comme une location avec option d’achat à terme. C’est un moyen de financement des investissements, dans lesquels les capitaux sont fournis par la société de crédit-bail. Il est bien adapté aux entreprises ayant des investissements à forte rentabilité et une croissance rapide à financier.

  1. Les sources de financement de l’exploitation :

Le financement du cycle d’exploitation est assuré pour partie par des ressources stables et pour partie par des dettes à court terme.
Pour les autres besoins d’exploitation, l’entreprise peut recourir à des dettes à court terme temporaires ou renouvelables :
– le crédit fournisseurs
– l’escompte bancaire des effets de commerce
– les découverts bancaires
– l’affacturage
 

  • Le crédit « fournisseurs »

Le crédit fournisseurs est un crédit inter- entreprises correspondant au délai de paiement accordé par le fournisseur à son client. Il est destiné à financier le stock pendant la période durant laquelle les produits restent en stock chez les clients.
Bilan du crédit fournisseurs
Avantage :
– Obtention facile (forme de crédit inter- entreprises généralisée )
– Souplesse de fonctionnement ( pas de formalités à accomplir )
– Automaticité ( lié à achat )
– Renouvelable ( à chaque achat )
Inconvénients :
– Coût élevé ( perte des escomptes de règlement pour paiement comptant )
– Risque de dépendances envers le fournisseur
– Risque de réduction du crédit obtenu en cas de difficultés du fournisseur

  • L’escompte bancaire des effets de commerce :

Les effets de commerce sont une source de crédit bancaire par la procédure d’escompte.

  • Les instruments utilisés :

Il existe plusieurs types d’effets de commerce : la lettre de change et le billet à ordre.
La lettre de change ( traite ) est un écrit par lequel un créancier (le tireur) donne l’ordre à son débiteur (le tiré) de payer une certaine somme à une certaine date, à lui-même ou à une tierce personne (le bénéficiaire).
Le tireur d’une lettre de change peut utiliser de 4 manières :
-la conserver jusqu’à son échéance et procéder à cette date à son encaissement auprès du tiré.
– La conserver en portefeuille et la faire encaisser par une banque ou un centre            de chèque postaux en la leur remettant quelques jours avant l’échéance.
– La transmettre par endossement à un créancier comme moyen de paiement.
– La négocier auprès d’une banque pour obtenir, avant l’échéance, un crédit.
Le billet à ordre est un écrit par lequel un débiteur s’engage à payer une certaine somme à une date déterminée à son créancier. Il diffère de la traite sur deux points :
– il est établi par le débiteur et non par le créancier
– il concerne deux personnes et non trois
Le billet à ordre est un usage beaucoup moins répandu que la traite.
La lettre de change comporte des mentions obligatoires, complétées de mentions facultatives.

  • Le mécanisme de l’escompte :

L’escompte est un procédé de crédit fondé sur la remise d’effets de commerce à une banque avant l’échéance.
Pour éviter  le  trop  grand nombre de traites à manipuler l’escompte traditionnel peut être remplacé par le crédit de mobilisation des créances commerciales (CMCC) ; l’ entreprise, après facturation à ses clients, regroupe toutes les factures d’échéances voisines et crée, pour leur montant global, un billet à ordre qui sera escompté par sa banque.
L’escompte peut aussi se réaliser de façon informatisée par l’utilisation de la lettre de change relevé. ( LCR ). C’est une lettre de change comportant également le relevé d’identité bancaire du tiré, c’est-à-dire son numéro de compte, le code de son agence et le code de sa banque.

III/ L’ANALYSE FINANCIERE DE L’ENTREPRISE

  1. Le bilan : instrument d’analyse financière :

Le bilan comptable normalisé décrit le patrimoine de l’entreprise selon une optique plus juridique que financière.

  1. a) Le bilan normalisé : document de base :

Le bilan est le reflet des choix financiers de l’entreprise. Il décrit au passif les ressources et à l’actif les emplois qui en ont été faits.
Le passif :
Au passif, trois types de ressources apparaissent :
– celles qui ont été fournies par le propriétaire ou les associés et qui constituent le capital social
– celles  qui ont  été  accumulées  par  l’entreprise  grâce  aux  bénéfices  non  distribués  et  qui constituent  les réserves.
– celles  qui  ont  été  apportées  par  des  prêteurs,  des  banques  et  des  fournisseurs  et  qui constituent les dettes.
Les deux premières catégories de ressources, capital social et réserves, forment les capitaux propres qui ont en commun :
– d’être la propriété des associés
– de ne pas être remboursables  une échéance déterminée avant dissolution de l’entreprise
– d’être le gage des créanciers car ils servent de garantie aux prêteurs en cas de difficultés de l’entreprise.
L’actif :
Ressources de l’ entreprise =  capitaux propres  + dettes
A l’actif, les deux types d’emplois des ressources sont constitués par l’actif immobilisé et l’actif circulant.
Emploi des ressources = actif immobilisé + actif circulant
L’actif immobilisé est formé de tous les éléments permanents d’exploitation, acquis en vue d’une détention durable et participante à de nombreux cycles d’exploitation successifs.
L’actif circulant est formé par l’ensemble des biens et créances qui séjournent pendant une brève période, inférieure à un an, dans l’entreprise.
Pour analyser financière, le bilan normalisé de l’entreprise fournit un certain nombre de renseignements, notamment d’ordre juridique.
A partir de ce document, il est possible d’établir un bilan financier et un bilan fonctionnel.

  1. b) Le bilan financier : liquidité et exigibilité

Pour réaliser une analyse de la situation financière, il est nécessaire d’établir un bilan financier en classant :
– les actifs selon un critère de liquidité croissante, la liquidité d’un bien étant le délai, plus ou moins long, nécessaire pour qu’il puisse être transformé en monnaie : plus ce délai est long plus la liquidité est faible.
– Les passifs selon un critère d’exigibilité croissante ; l’exigibilité d’une dette se mesure par le délai séparant la date du jour de celle de l’échéance du remboursement ; elle exprime donc la durée pendant laquelle l’entreprise peut disposer d’une source de financement : plus cette durée est longue, plus l’exigibilité est faible.
Finalité : réponses aux besoins d’analyse financière Rôle : description de la situation financière
Le bilan financier nécessite des regroupements et des reclassements des rubriques du bilan normalisé.

  • L’actif :

On  divise  les  emplois,  selon  leur  liquidité  croissante,  entre  emplois  dont  le  séjour  dans l’entreprise est supérieur à un an et ceux dont le séjour est inférieur à un an.
– L’actif du bilan financier
Regroupement des emplois selon le critère financier de la liquidité. Liquidité croissante
Séjour dans l’entreprise > 1 an Actif immobilisé à plus d’un an
Séjour dans l’entreprise < 1an  Actif circulant à moins d’un an

  • Le passif :

Au passif du bilan financier, les reclassements et regroupements portent sur des dettes et les provisions pour risques et charges.
Certaines provisions, ayant le caractère de réserves, s’ajoutent aux capitaux propres, car leur exigibilité est nulle. Les autres provisions, rattachés aux dettes correspondant à des dépenses probables, sont après ces retraitements deux grandes masses apparaissent au passif du bilan financier : les capitaux permanents et les dettes à court terme.
Le passif du bilan financier
Regroupement des ressources selon le critère financier de l’exigibilité. Exigibilité croissante
Capitaux permanents : capital, réserves, report à nouveau, résultat non distribué, provisions à caractère de réserves, dettes à plus d’un an ; provisions correspondant à des risques certains mais lointains
Dette à court terme : fournisseurs, créanciers divers, découvert bancaire, provisions correspond à des risques prochains.

  1. c) Le bilan fonctionnel : les cycles financiers

Le bilan normalisé se prête mal à l’analyse financière. Le bilan financier répond aux besoins d’étude de la liquidité et de la solvabilité de l’entreprise. Pour compléter l’analyse il est nécessaire de se référer au bilan fonctionnel qui constitue l’instrument essentiel de l’analyse financière contemporaine.
Le bilan                fonctionnel est fondé sur les cycles financiers de l’entreprise : cycle d’investissement portant sur les immobilisations, cycle de financement portant sur les ressources stables et cycle d’exploitation.

  • L’actif :

Au sein de l’actif du bilan fonctionnel, trois sortes d’emplois apparaissent : les immobilisations, les actifs d’exploitation et les actifs de trésorerie.

  • Le passif :

Du point de vue des ressources de l’entreprise, trois types de passifs doivent être distingués :
– des financements durables constituants des ressources stables ( le capital social, les réserves, les emprunts…).
– des financements résultant du cycle d’exploitation au cours duquel ils se renouvellent continuellement, ils constituent donc, du point de vue financier, des ressources financières renouvelables, ce sont les dettes d’exploitation.
– des financements temporaires, irréguliers et instables qui risquent de disparaître sans possibilité de renouvellement ; ils correspondent aux passifs de trésorerie.

  1. L’analyse de la structure financière :

Pour fonctionner correctement, l’entreprise a besoin de ressources financières adaptées aux emplois de fonds qui sont nécessaires à la réalisation des investissements et à l’exploitation courante.
La durée de financement doit correspond à la durée des emplois de fonds. C’est la correspondance entre l’exigibilité des dettes et la liquidité des actifs, mise en évidence par le bilan financier.

  1. a) La liquidité des actifs :

La  liquidité d’un  actif  est  la  durée  nécessaire  pour  que  un  bien  se  transforme  en disponibilités. La liquidité et l’exigibilité sont deux concepts financiers importants pour l’étude de l’équilibre financier d’une entreprise.
En résumé, la liquidité des différents postes de l’actif circulant varie selon leur place dans le cycle d’exploitation qui conduit de l’achat des matières premières à l’encaissement du chiffre d’affaires.

  1. b) L’exigibilité :

L’exigibilité est la durée séparant la date du jour de celle de son remboursement.
L’exigibilité représente donc la durée pendant laquelle l’entreprise peut disposer  d’une source de financement. Plus cette durée est longue, plus l’exigibilité est faible.
La correspondance entre liquidité et exigibilité :
Dans une entreprise, si la liquidité des actifs est plus faible que l’exigibilité des ressources (=passif), il arrive un moment où :
– des dettes sont à rembourser immédiatement.
– les  fonds  correspondants  sont  employés  dans  les  éléments  d’actifs  non  immédiatement liquides.
Il est donc nécessaire d’assurer un pilotage financier de l’entreprise permettant de contrôler la correspondance entre exigibilité et liquidité. Elle s’étudie à l’aide du bilan financier.
L’ensemble des capitaux propres et des dettes à moyen et à long terme constituent les capitaux permanents, qui restent à la disposition de l’entreprise pour une durée supérieure à un an. Nous avons vu que les immobilisations sont elles-mêmes dans l’entreprise pour plusieurs années : ce sont des emplois stables et durables des capitaux disponibles.
Les emplois stables doivent, par sécurité, être financés par des ressources stables.
Capitaux permanents >= Actif immobilisé
Le respect de cette règle d’équilibre financier pérennité de l’entreprise.

  1. Le fond de roulement fonctionnel et le besoin de financement de l’exploitation
  2. a) Nature de fonds de roulement fonctionnel :

La différence entre les ressources stables et les immobilisations brutes constituent le fonds de roulement (F.R.)
Le fonds de roulement est donc l’excédent des ressources stables (capitaux propres + amortissements  +  provisions  +  dettes  financières  hors  concours  bancaires  courants)  sur  les besoins de financement stables.
F.R. = Ressources stables  –  Immobilisations brutes

  1. b) Rôle du fonds de roulement :

Outre les investissements matériels, incorporels et financiers, l’exploitation nécessite un financement permanent : c’est le besoin de financement de l’exploitation. Par ailleurs, les ressources stables fournissent un excédent de financement : c’est le fond de roulement.
Il faut donc, pour avoir une structure financière saine et équilibrée, que le fonds de roulement couvre le besoin de financement de l’exploitation.
F.R.  >=  B.F.E.
III / LA TRESORERIE :
La trésorerie est constituée par la différence entre les actifs de trésorerie et les passifs de trésorerie.
La trésorerie est équilibrée lorsque l’actif immobilisé est financé par des ressources stables et le besoin de financement de l’exploitation est financé par le fonds de roulement.
Si, en revanche, le fonds de roulement est insuffisant pour couvrir le besoin de financement de l’exploitation, l’entreprise  aune trésorerie  négative :  elle doit faire appel à des découverts bancaires. Mais cette situation ne peut être que transitoire, car ces ressources sont instables ; et il y a risque de crise de trésorerie entraînant une cessation de paiement.
La notion de trésorerie :
La trésorerie ne doit pas être confondue avec l’encaisse ou les disponibilités.
La situation de trésorerie s’explique par l’écart entre le fonds de roulement et le besoin de financement de l’exploitation.
Les causes de dégradation de la trésorerie :
On peut donc en déduire les causes de dégradation de la trésorerie. Elles proviennent, soit de la diminution du fonds de roulement, soit de l’accroissement du besoin de financement de l’exploitation.
La dégradation de la trésorerie peut avoir deux causes provenant soit du cycle d’exploitation (augmentation de l’activité, changement des conditions d’exploitation, règles de gestion), soit des politiques d’investissement et de financement (disparition d’une source de financement stable, investissements réalisés sans apport de ressources stables ).
Les moyens d’amélioration de la trésorerie :
L’entreprise dispose de nombreux moyens d’action pour améliorer sa trésorerie en agissant sur le haut ou sur le bas de son bilan :

  • Augmenter son fonds de roulement :

– augmentation de capital
– autofinancement
– emprunt à moyen ou long terme
– cessions d’actifs immobilisés
Ce sont des actions sur le haut bilan.

  • diminuer son besoin de financement de l’exploitation :

– réduction des stocks
– réduction des crédits accordés aux clients
– accroissement des crédits -fournisseurs Ce sont des actions sur le bas du bilan
IV/. Le budget de trésorerie :
Le budget de trésorerie regroupe tous les encaissements et décaissement de l’entreprise. Ils découlent des plans d’investissement et de financement d’une part et des programmes d’approvisionnement, de production et de vente d’autre part.
Le regroupement de ces budgets fournit le budget général de l’entreprise qui indique le solde de trésorerie de chaque période.
L’élaboration d’un budget de trésorerie est indispensable :
– pour éviter les crises de trésorerie
– pour justifier auprès des banques des demandes de crédit
– pour mettre en place à l’avance les moyens de financement nécessaires, compte tenu des délais exigés
– pour contrôler les réalisations par rapport aux prévisions et prendre des mesures correctives.

V/ L’ANALYSE DES SOURCES DE FINANCEMENT : LA STRUCTURE DU PASSIF

Il faut considérer quatre facteurs pour déterminer le niveau d’endettement de l’entreprise par rapport à ses capitaux propres : sécurité, indépendance, développement et rentabilité.

  1. Financement et sécurité :
  2. a) L’autonomie financière :

La sécurité et l’indépendance sont favorisées par le recours aux capitaux propres puisqu’ils ne doivent pas être remboursés et que leur rémunération est facultative.
Capitaux propres / Dettes financières (hors concours bancaires courants) >      1
Il signifie que les dettes financières ne doivent pas dépasser les capitaux propres.

  1. b) La capacité de remboursement :

La seule ressource nouvelle dont dispose l’entreprise pour rembourser ses emprunts est constituée par sa capacité d’autofinancement.
L’entreprise ne doit pas consacrer plus de la moitié de sa CAF au remboursement annuel de ses emprunts.

  1. c) Le niveau d’endettement :

L’endettement global ne doit pas représenter plus de trois années de capacité d’autofinancement
Dettes financières/ CAF <           3

  1. L’équilibre financier annuel : le tableau de financement

Le tableau de financement recense les emplois durables et les ressources stables d’un exercice. Il explique la variation du fonds de roulement.
Tableau de financement de l’exercice
Ressources durables                            Emplois stables
*             Capacité d’autofinancement     * Dividendes distribués
*             cessions d’immobilisations         * Immobilisations nouvelles
*             Augmentation de capital
*             Emprunts nouveaux
*             Remboursements d’emprunts
Total des ressources      Total des emplois
Ressources  –  Emplois   =  Variation du fonds de roulement
 
 

  1. Incidence du financement sur la rentabilité :

La notion de rentabilité :
La rentabilité est une notion purement financière. C’est le rapport d’un résultat aux capitaux investis
Les capitaux investis ont deux origines :
Ceux qui sont apportés par des tiers prêteurs dont la rémunération est fixée contractuellement lors du prêt
Ceux qui sont apportés par les associés dont la rémunération est fonction du bénéfice réalisé. Il faut distinguer la rentabilité économique des capitaux investis et la rentabilité financière des capitaux propres.
La rentabilité constitue l’un des aspects essentiels de la gestion de l’entreprise. En économie capitaliste de marché, c’est même l’objectif principal poursuivi par les entreprises. Elle constitue à la fois un moteur de l’activité, une mesure de l’efficacité de la gestion et un moyen de financement des investissements.

  1. L’endettement et rentabilité :

L’endettement  agit  sur  la  rentabilité  en  fonction  du  prix  du  crédit l’endettement.
Il est nécessaire, pour apprécier l’effet de l’endettement sur la rentabilité, de comparer le supplément de marge obtenu aux intérêts versés. Si le supplément de marge est supérieur aux intérêts, l’emprunt accroît la rentabilité des capitaux C’est le mécanisme de l’effet de levier.
Ainsi, lorsque la rentabilité des investissements dépasse le taux d’intérêt, l’endettement permet d’accroître la rentabilité financière de l’entreprise.
REVISION

  1. Pour quelles raisons  une  entreprise  en  forte  croissance  ne  souhaite-t-elle  pas  accroître davantage la charge de remboursement et d’intérêts financiers ?
  2. Montrez que : « les investissements d’aujourd’hui sont des profits de demain »

 

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