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Les marchés d’actions

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Chapitre 2 Les marchés d’actions

Caractéristiques des actions

Définition

Les actions, ou titres de capital, sont des titres représentatifs d’une prise de participation dans une société. De ce fait, l’actionnaire est un associé de l’entreprise.
La détention d’une action ouvre divers droits : droit au bénéfice (dividendes), droit aux actions gratuites, droit préférentiel de souscription, droit de vote, droit de participer aux AG, droit à l’information…

Les différentes catégories d’action

La liste ci-dessous, non exhaustive, est dressée pour montrer la variété des types d’actions. Cette variété permet notamment de répondre à des exigences d’ordre « commercial » ; il s’agit en particulier pour une société de pouvoir proposer des titres susceptibles d’intéresser des investisseurs ayant des attentes diverses :

  • les actions ordinaires ou actions de capital. Émises lors de la création de la société (apport en numé- raire), lors d’une augmentation de capital (apport en numéraire) ou lors d’une distribution d’actions gratuites ;
  • les actions à bon de souscription : elles permettent à leurs détenteurs de souscrire ultérieurement à d’autres actions avec un avantage financier ;
  • les actions à dividende prioritaire sans droit de vote (loi du 03/07/1988). Elles offrent en principe un dividende plus élevé que les autres actions. Leur nombre ne peut excéder un quart du nombre d’actions constituant le capital social ;
  • les actions à droit de vote double.

Il existe encore d’autres catégories d’actions.

L’organisation des marchés de titres
Les ordres de bourse et la fixation des cours

Les ordres
Les ordres d’achat ou de vente ont une certaine durée de validité et sont donnés soit « à tout prix » soit « à cours limité » (prix minimum pour une vente, prix maximum pour un achat). L’ordre, donné par un investisseur ou un émetteur, est exécuté par un membre du marché. Les transactions sont effectuées à travers un système informatique, à partir de stations de travail installées chez les négociateurs et reliées aux ordinateurs d’Euronext.

La cotation

La cotation se fait selon deux modes : en continu ou selon le principe du « fixing ».
La  cotation  en  continu  concerne  les  valeurs  les  plus  liquides,  ce  qui  signifie  que  les  cours  évoluent  en permanence en fonction des transactions effectives sur le marché.
En pratique la cotation en continu repose sur le principe suivant, très simple :
à l’instant t, une transaction a lieu au prix pt ; on dira alors que le cours de l’action est pt 2 ;
à l’instant t + ∆t une nouvelle transaction a lieu au prix pt+∆t ; la nouvelle cote est alors pt+∆t.
: insistons sur le fait que les cours sont donnés par des transactions, c’est-à-dire qu’il y a effectivement achat et vente de titres. Une cotation n’est donc pas une estimation.
Pour les valeurs moins liquides la cotation se déroule selon le principe du fixing : on enregistre tous les ordres d’achat et tous les ordres de vente parvenus au cours d’une certaine tranche horaire, généralement la journée. On détermine ensuite le prix qui permettra de satisfaire le plus grand nombre d’ordres. L’exemple ci-après permet d’illustrer ce principe.

Estimation de la valeur d’une action
Analyse fondamentale

Dans son principe, l’analyse fondamentale a pour ambition d’estimer la valeur d’une entreprise à partir des données comptables de celle-ci.
La difficulté ne réside évidemment pas dans la manipulation de cette formule ou de formules qui en sont dérivées. Elle réside dans l’estimation des Ft et dans celle de FT . Le choix de la valeur de T retenue pour l’estimation est également crucial, de même que celui du taux d’actualisation r. Au total, et sans insister sur toutes les subtilités et variantes de ce type de méthodes, il apparaît indispensable de souligner que l’estimation de V est, par nature, aléatoire compte tenu des incertitudes relatives à la connaissance des développements futurs de l’entreprise et de son environnement économique. Le problème de l’estimation de la valeur des entreprises nouvellement créées (les « start up ») est extrêmement révélateur à cet égard. En pratique, l’estimation de la valeur des entreprises est conduite par des analystes financiers, généralement spécialisés par domaine d’activité.
Il n’est pas question de nier l’importance de cette source de détermination de la cote des actions mais il est nécessaire d’y adjoindre d’autres éléments pour comprendre la dynamique des prix sur les marchés d’actions.
Éléments techniques
L’évolution globale des marchés d’actions est caractérisée par des indices tels que le CAC 40, le Dow Jones, le Nikkei… Le CAC 40 est l’indice le plus connu du marché parisien ; CAC signifie Cotation Assistée en Continu. Le CAC 40 résume l’évolution des 40 principales capitalisations boursières de la place parisienne.
Sachant que :
capitalisation boursière d’une société = [nombre de titres admis à la cote] × [cours du titre] on appelle KBt la capitalisation boursière, à l’instant t, des 40 principales sociétés cotées à Paris.
Le simple fait qu’une société fasse partie des 40 conduit notamment des investisseurs institutionnels à acquérir ses titres.
Éléments macro-économiques
Les taux d’intérêt, le taux d’épargne des ménages, le taux d’inflation, l’organisation des systèmes de retraites, les comportements d’épargne, les contraintes juridiques sur la circulation des capitaux, la fisca- lité, l’évolution des taux de change, la démographie. . . sont autant de variables qui influencent le niveau global d’activité des marchés d’actions.
Surveillance et contrôle
Les opérations sont soumises à un contrôle étroit de la part de la cellule de surveillance de la société organisatrice du marché. Dans certaines circonstances, la cellule peut suspendre provisoirement les tran- sactions sur une valeur. L’objectif est notamment de protéger le marché contre des manipulations illicites. En fonction de la liquidité des valeurs, divers critères d’alerte sont appliqués.
Encadré 2-3

L’erreur d’un « trader » fait plonger les marchés boursiers européens

Quelle n’a pas été la surprise des courtiers sur les marchés financiers de voir les principaux indices boursiers européens chuter fortement sans raison apparente, mardi 20 novembre, peu après l’ouverture de la séance. Une chute d’autant plus surprenante qu’elle a été corrigée quelques minutes plus tard : l’indice DAX des valeurs allemandes a perdu jusqu’à 3,2 % et, à Paris, le CAC 40 est passé en quelques minutes de 4686,62 points à l’ouverture à 4574,31 points, son plus bas du jour, avant de revenir à 4 660 points. Tout provient d’un opérateur de marché qui a commis une erreur en rentrant ses ordres dans le système de négociation, inscrivant le chiffre du volume de sa transaction à la place de leur prix. Les marchés financiers s’ajustant très rapidement entre eux, cette faute de manipulation, commise initialement sur le contrat à terme sur l’indice des actions allemandes DAX, et sur le contrat sur Eurostoxx 50 (l’indice des 50 principales capitalisations européennes), a fait chuter les indices correspondant à ces produits dérivés et d’autres places financières, comme Paris et Londres. Cette erreur a conduit la banque où officie le
« trader », et dont le nom n’a pas été rendu public, à contacter Eurex, la structure qui gère les marchés à terme allemands. Ce dernier a pris la décision d’effacer complètement quelques minutes du marché, en annulant une partie des transactions qui avaient été réalisées mardi entre 9 h 21 et 9 h 25.
Ordres annulés
Toutes les opérations ont été invalidées par Eurex en dessous du seuil de 5083,5 points pour le contrat DAX arrivant à échéance en décembre 2001, et en dessous de 5121 pour celui s’achevant en mars 2002. Sur l’Eurostoxx 50, aucune opération ne sera comptabilisée pour trois contrats, celui de décembre 2001, mars 2002 et juin 2002 à partir d’un certain seuil. « Ils nous ont demandé d’annuler des ordres. C’est une procédure classique dans ce cas », explique-t-on chez Eurex. Seuls les niveaux de prix aberrants ont été annulés. Par exemple, ceux passés entre 5188 et 5083,5 points sur le contrat DAX de décembre ne l’ont pas été ; la perte sera supportée par la banque où officie le « trader ». La rumeur fait état d’une perte de 1 milliard d’euros. En théorie, ces erreurs humaines sont limitées par la présence de garde-fous, qui bloquent le passage d’un ordre aberrant. Mais ils n’ont apparemment pas fonctionné.

Rationalité de l’imitation

Dès les année trente, Keynes 3 a mis en avant un facteur explicatif essentiel de l’évolution du cours des actions, à savoir l’importance, dans certaines circonstances, des comportement d’imitation. Keynes s’est en particulier intéressé au paradoxe suivant : il se peut qu’un opérateur soit convaincu à juste titre de la rentabilité d’une entreprise E. Si cet opérateur remarque toutefois que l’ensemble des autres intervenants pensent le contraire, il devra parier sur la baisse des cours des actions de E, au moins à court (voire moyen) terme. Dit autrement, il ne sert à rien d’avoir raison contre le marché : on a généralement intérêt à agir dans le sens du marché, acheter en situation de hausse et contribuer ainsi à la hausse, vendre lorsque le marché baisse et accentuer la baisse. . . au moins jusqu’à un éventuel retournement de tendance. Jusqu’à un certain point, la baisse entraîne la baisse, la hausse entraîne la hausse.
Encadré 2-4
 
Dreamworks s’envole  en Bourse
Pour trouver de l’argent frais, Dreamworks, le studio fondé par Jeffrey Katzenberg, David Geffen et Steven Spielberg, perd un peu de son indépendance. Il met 27 % de son capital en Bourse, une solution que Spielbreg réprouvait car il ne voulait pas, à la différence de Katzenberg, rendre compte à des actionnaires. Mais, à l’heure où les budgets des films en image de synthèse atteignent des sommets, la loi du marché a été la plus forte. Hier, la filiale animation des studios qui ont produit Shrek, American Beauty ou encore Il faut sauver le soldat Ryan, est entrée à la Bourse de New York pour y lever 812 millions de dollars, montant plus élevé que prévu. Il y a quelques semaines, en effet, Dreamworks avait annoncé que le prix d’introduction se situerait dans une fourchette comprise entre 23 et 25 dollars par action. Surfant sur la vague du film Gang de requins, qui a déjà dégagé près de 140 millions de dollars de recettes aux États- Unis et au Canada, les studios ont finalement tarifé le titre à 28 dollars. L’action, qui s’échange sous le symbole « DWA », s’est envolée dès le début de sa cotation pour atteindre, hier en début d’après-midi, les 37 dollars. Soit une hausse de 30 % par rapport à son prix d’introduction. [. . .] Paul Allen, notamment, va encaisser le jackpot. Le numéro deux de Microsoft avait massivement investi dans le groupe Dreamworks au moment de sa création, en 1994. Impatient de récupérer une partie de sa mise, Allen a mis en vente, lors de l’IPO, une fraction de ses actions. L’opération devrait lui rapporter 60 millions de dollars. Mais le principal actionnaire de Dreamworks n’a pas soldé son compte, loin s’en faut. Valorisées au prix d’introduction de 28 dollars par action, ses parts dans le groupe valent aujourd’hui 1 milliard de dollars, tandis que celles des trois cofondateurs frisent les 190 millions de dollars. [. . .]   Claire  Derville.
Lors d’une introduction en bourse, une fraction du capital d’une entreprise est mise sur un marché organisé. En d’autres termes, les actions introduites sur un marché organisé deviennent des actions librement négociables ; les échanges de titres permettent de leur affecter une cotation publique. Il est important de comprendre ce qui suit : avant introduction, les titres peuvent être négociés mais seulement de gré à gré et ne font pas l’objet d’une cotation officielle.
« L’admission d’instruments financiers aux négociations sur un marché réglementé est décidée par l’en- treprise de marché, conformément aux règles du marché concerné. »
Les augmentations de capital par appel public à l’épargne
« L’appel public à l’épargne est constitué par :
l’admission d’un instrument financier aux négociations sur un marché réglementé ;
ou par l’émission ou la cession d’instruments financiers dans le public en ayant recours soit à la publicité, soit au démarchage, soit à des établissements de crédit ou à des prestataires de services d’investisse- ment.» 5
Des formalités assez lourdes sont imposées afin de protéger les actionnaires en place. L’assemblée générale extraordinaire est seule compétente pour décider d’une augmentation de capital et ce sur la base d’un rapport du conseil d’administration ou du directoire. On se reportera à un manuel de droit pour toute précision supplémentaire.
Très important : le produit de la vente des actions nouvelles revient à l’entreprise elle-même ; on comprend donc l’importance de cette pratique pour le financement du développement des entreprises.

Les offres publiques d’achat, les offres publiques d’échange

Dans leur principe ces opérations sont très simples : une société informe officiellement le public qu’elle souhaite acquérir des titres d’une autre société. Elle fait publiquement une offre en faisant savoir qu’elle est prête à payer cash (OPA) ou avec des titres (OPE). Les OPA ou OPE peuvent être « amicales » ou « hostiles ». Les offres sont publiées selon une procédure standardisée ; la durée de leur validité est précisément définie.

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